Si depuis quelques années, on associe le nom de Gérard Decoster au MIACS, le marché international d’art contemporain lié au surf, c’est que ce collectionneur d’objets « surf », l’un des plus importants en Europe, s’est battu avec beaucoup d’opiniâtreté pour exposer le travail actuel de créateurs, il faut bien le reconnaître, aux talents hétéroclites.

L’édition 2013 s’inscrit dans un projet d’envergure nommé HACS, « Histoire Art Culture Surf« . En effet, le MIACS a resserré les participations sur le meilleur de ses propositions (Bruno Lehoux, Fabrice Réhel…) pour un temps réduit (du 1er au 15 septembre) cédant la place à d’autres rendez-vous telles que « Board Vision » (« la planche de surf passée, présente et à venir« ), le SIMIS (Salon International du Mobilier Inspiré par le Surf, le Skate et le Snowboard) ou Antic Surfing, une brocante d’objets vintage autour du surf. Ce n’est pas un événement mais près d’une dizaine qui vont se succéder à Biarritz cet automne.

Le designer de planches Luc Rolland a quant à lui créé une splendide « white room » (photo ci-dessus) qui évoluera au fil des semaines. L’autre grand collectionneur de planches de surf, Pierre-Bernard Gascogne, fondateur de Surf Session et Surf System, a également rejoint l’aventure avec de très belles séries de photographies regroupées sous le nom de Surf Gallery.

Une véritable profusion d’initiatives est ainsi orchestrée jusqu’au 30 novembre autour du cœur de l’événement, l’exposition « Surfing Memory » qui elle, demeure durant les trois mois du HACS, et dont la nouvelle scénographie apparaît fluide et ordonnée. Avec plus de 1700 objets, elle donne un nouvel aperçu de l’incroyable collection de Decoster dans une version augmentée de 400 objets et avec une nouvelle version de sa Surf Room déjà présentée notamment lors de « La Dernière Vague » à Marseille et qui se love parfaitement dans un recoin de l’ancien garage. Il y a là quelques joyaux des arts décoratifs tels cette robe au motif surf et soleil, ces maillots de bain en laine des années 50, une colossale collection de posters originaux, le fameux sofa combi WW, une statue O’Neil livrée depuis le Royaume-Uni…

Une collection historique impressionnante qui constitue le corps principal d’un musée du surf éphémère que le collectionneur souhaiterait voir un jour édifier de manière permanente. Devant les renoncements politiques et l’absence totale de sponsor à une heure où l’industrie du surf aurait grandement besoin de mettre en valeur sa culture, son esthétique et son histoire, l’initiative de Gérard Decoster depuis près de dix ans est en tous points admirable. Et prouve qu’un musée du surf se définit davantage par son contenu et sa volonté programmatique que par un bâtiment, des boutiques et des restaurants attenants. Basé sur l’autofinancement et le crowd-funding (il suffit de cotiser à son association pour défendre ce projet dans le temps ainsi que de déposer à son bon vouloir quelques euros lors de sa visite pour participer au financement de cette édition 2013) « Histoire Art Culture Surf  » se révèle être un laboratoire indépendant de création unique en son genre capable de lier passé, présent et futur dans une forme élargie.

Erwann Lameignère.

Histoire Art Culture Surf, jusqu’au 30 novembre 2013 au 47 avenue Kennedy, Biarritz.

Bruno Lehoux