Abonné aux projets érotiques rétro et underground, Jonathan Leder que nous publions dans les pages de Redux depuis des années, vient de rééditer la série complète de Polaroïds qu’il a pris avec Emily Ratajkowski… en 2012.

Ces archives, pour beaucoup d’entre elles inédites, feront l’objet d’une exposition à la Castor Gallery  à New York à partir du 9 février 2017 et sont réunies dès à présent dans un coffret de reproductions en série limitée à commander sur le site de la maison d’édition du photographe, Imperial Publishing.

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Mise à jour du 2 décembre : une histoire qui finit en eau de boudin ?

Apparemment sans l’agrément final du modèle qui déplore sur Twitter cette réédition malgré, selon le photographe que nous avons contacté, le plein accord signé à l’époque (avec l’agence Ford précisément) et qui ne portait pas sur un nombre limité de photographies. Coutumière du teasing de sa propre nudité sur Instagram, la plantureuse jeune femme semble ici définir les limites de son féminisme et de son droit à l’image, elle dont la célébrité est née grâce à sa participation remarquée en 2013 au clip Blurred Lines de Robin Thicke – lui-même empêtré dans un procès pour plagiat  –. Dans un tweet, la mannequin a déclaré : « ces photos utilisées sans ma permission sont l’exemple parfait du contraire de ce pour quoi je me bat : que les femmes puissent choisir quand et comment elles souhaitent partager leur sexualité et leur corps ».

Jonathan Leder était connu depuis 2009 pour Jacques, son magazine rétro à l’érotisme soft. Il a collaboré à Redux dès 2012, ainsi qu’à Purple et bien d’autres revues dans le monde entier avec son style reconnaissable entre mille. Difficile d’imaginer que le modèle ait pu ignorer le cadre de ces photographies lorsqu’elle a accepté cette séance. En outre, il est intéressant de reconnaître que les modèles, les stars et bientôt tout-un-chacun souhaitent pouvoir monétiser leur propre image (quand bien même ils l’ont déjà cédée), le développement des selfies et d’Instagram rendant paradoxal un tel système. Et pour une durée très courte et parfois de manière rétroactive. Car la Emily Ratajkowski d’avant la célébrité semblait avoir accepté ce que la superstar refuse désormais et surtout, parce que tout nouvelle image devait être sous son strict contrôle – financier s’entend –.

Car au bout du compte, on peut comparer le charme infiniment plus délicat du travail de Jonathan Leder à la version non censurée de Blurred Lines où des jeunes femmes seins nus dansent à côté d’hommes qui, eux, ne se déparent pas de leurs habits.

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