Depuis le début de l’année, le nom de Petit Biscuit est sur toutes les lèvres. Compréhensible lorsqu’on voit que son EP, sorti le 13 mai, est déjà 1er au classement électro des téléchargements iTunes. Encore au lycée, c’est grâce à Internet qu’il s’est fait connaître. Malgré son très jeune âge, Petit Biscuit – de son vrai nom Mehdi Benjelloun – fait preuve d’une grande maturité face à un succès qui ne cesse de croître. 

Propos recueillis par Elise Martin.

Petit Biscuit

A 16 ans, connu grâce à Internet, tu as réussi à te hisser en haut du classement en moins d’une semaine. Quel est ton secret ? 

La persévérance et la passion du partage. J’essaie de proposer au public des sonorités toujours différentes et renouvelées.

Comment s’est passée la réalisation de ton EP ? 

La réalisation de l’EP a dû prendre environ 6 ou 7 mois. Je compose beaucoup mais je voulais proposer une vision vraiment nouvelle en plus d’une palette complète de mes sonorités. Mon but était que les gens me découvrent plus largement à travers cet EP. Je voulais aussi surprendre !

Quelle est ta marque de fabrique pour te différencier des autres ?

Je pense juste vouloir transmettre quelque chose de vrai et non pas quelque chose de superficiel. D’ailleurs, j’essaie beaucoup de revenir à certaines origines musicales mais en les mélangeant avec des procédés beaucoup plus pop électroniques. Je pense que cette union me représente bien.

L’univers musical classique, dans lequel tu es depuis tes 5 ans, mélangé à des sons électroniques sont-ils la méthode obligatoire pour plaire aujourd’hui ? Comment t’es-tu découvert cette passion pour la création ?

C’est important de connaître les bases et les origines de la musique afin de s’attaquer à quelque chose de nouveau. L’ajout de beaucoup d’instruments analogiques n’est pas obligatoire mais avait du sens pour moi, ca m’a aidé à ne pas me perdre dans ce monde vaste qu’est la musique électronique. Je ne sais plus trop comment m’est venue cette passion. Je me rappelle qu’à l’achat de mon premier synthé j’ai eu une espèce d’engouement venu de nulle part, qui m’a poussée à la recherche de sonorités !

Dévoilé il y a quelques jours, il fera aussi partie du Festival Positiv à Marseille les 13 & 14 août prochain. Pour patienter, vous pouvez découvrir chaque semaine un nouveau morceau sur SoundClound. 

L’électro, définie comme le genre de tes compositions, est en expansion depuis quelques temps. C’est par l’influence d’artistes comme Flume et Odesza que tu t’y es dirigé. Comment faire pour ne pas tomber dans un effet de mode et éviter que l’influence prenne le dessus?

Prendre du recul est très important, que ce soit à la fois sur les styles du moment mais encore plus sur ses compositions. Les effets de mode se remarquent très vite. Cependant, l’électronique est un terme très vaste. Certaines influences électroniques restent indémodables parce qu’elles sont vraiment différentes et qu’elles sont plus matures.

Tu as déjà fait la première partie de Odesza, tu as une salle remplie à la Maroquinerie, et tu es sur l’affiche de plusieurs festivals. Comment vis-tu ces expériences ?

Je ne peux le vivre que comme une expérience exceptionnelle. Ressentir des choses pareilles à 16 ans c’est unique ! Voir que ce n’est plus juste une histoire d’Internet mais qu’il y a bien des gens derrière mon projet qui me soutiennent, c’est tout ce que je pouvais espérer de mieux.

Après toutes ces réussites, quel est ton objectif aujourd’hui ? Une percée internationale ?

Je pense que ma musique est faite pour n’importe qui dans ce monde, ce que confirment les statistiques. En effet, beaucoup de personnes venant des Etats-Unis, mais aussi d’un peu partout en Europe et en Amérique Latine me suivent, ce qui est vraiment dingue ! Mon objectif personnel est encore d’évoluer musicalement car il n’y a pas d’autres moyens de réussir. Tout se passe par la musique, et je veux, par moi-même, pouvoir faire évoluer mes influences et proposer des sons toujours plus poussés et recherchés.

Pour finir, Petit Biscuit, n’as-tu pas peur de te faire manger par les gros producteurs en vue de ton influence grandissante ?

Pour moi, la musique ce n’est pas une histoire de compétition, au contraire. Je vois énormément d’artistes se donner des coups de mains et moi-même j’en donne. C’est quelque chose d’à part entière où pour beaucoup il existe autre chose que le business. Au-delà de chercher à se bouffer, les artistes cherchent surtout le partage.