Sur la côte de Veracruz, Sebastian, 17 ans, doit reprendre seul la direction du petit motel de son oncle. Il loue les chambres à l’heure à des couples adultères et des amants de passage. Parmi eux, une belle jeune femme, Miranda, vient régulièrement retrouver un homme marié qui lui fait souvent défaut. Pendant ces heures creuses, Sebastian et Miranda font peu à peu connaissance et laissent s’installer entre eux une troublante complicité.


Réalisateur d’origine mexicaine, diplômé de la Sorbonne et installé au Brésil, Aaron Fernandez tourne avec Palma Real Motel son second long-métrage. Un film en forme d’éducation sentimentale dans un hôtel de passe. Un film sur l’ennui en vrai, qui préfère à des intrigues vaudevillesques tisser une toile de personnages aux sentiments compliqués, créer une ambiance entre pudeur et érotisme chic. D’où une première partie lente, très descriptive, à la limite de l’ennui – celui du spectateur, non désiré on l’imagine par le cinéaste – dans laquelle Aaron Fernandez s’applique à montrer  la géographie du motel en question, ainsi que les us et coutumes des habitués d’un lieu loin de tout. Un préambule plus en adéquation avec le titre original, Las Horas Muertas et qui révèle avec une rare sincérité cette première partie presque anecdotique.

Alors que le film semble lent au démarrage, c’est la rencontre entre ces deux être fragilisés qui change la donne et confère une touche sensuelle, presque érotique à cet ennui, véritable thème central du film. A l’indolence, très descriptive, succède cette alliance entre deux êtres à la dérive. D’un côté, l’ado s’éveillant aux voluptés de l’amour dans des séquences assez sensuelles et de l’autre se dessine le portrait d’une maitresse délaissée par son amant, qui se ment à elle-même et aspire finalement au grand amour.

Ballade romantique filmée tout en douceur et tact, Palma Real Motel séduit, impressionne parfois, par l’élégance de sa mise en scène – et son très beau travail de photographie – mais pêche cruellement dès qu’on évoque ses enjeux dramatiques. Aaron Fernandez semble délaisser lui aussi ses personnages et, à force de ne rien trancher, regarde la vie se jouer devant sa caméra, de manière parfois trop plate. Un bel exercice de style, souvent juste, qu’on aurait cependant aimé davantage poignant.

Réalisé par Aaron Fernandez (France-Mexique, 2014, 1h40) avec Kristyan Ferrer, Adriana Paz, Eliseo Lara Martínez…
Sorti le 23 juillet.