Sorti en catimini l’année dernière (février 2009), Morse sort enfin en DVD…

L’histoire d’un gamin de Stockholm dans les années 80, maltraité par ses camarades, en proie à l’indifférence de parents divorcés… Un statut qui, à l’époque, était encore l’exception… Il se lie d’amitié (?) avec une étrange petite fille qui vient d’emménager dans l’appartement voisin mais qui ne sort que la nuit, et qui ne craint pas le rude froid de l’hiver scandinave…

Morse se construit sur un récit poignant, entre Carrie au bal du diable et Entretien avec un vampire, qui réinvente bien des archétypes de l’épouvante et du fantastique… Par sa mise en scène toute en longues focales et petits détails, Thomas Alfredson resserre l’intrigue sur ses deux personnages, délicatement interprétés par deux jeunes acteurs qui évitent tous les pièges grimaçants des enfants au cinéma. Ils confèrent au film une candeur absolue. Et le cinéaste de ralentir leurs plus beaux échanges, leur environnement passant pour une caricature d’humanité veule et stupide.

Même si Alfredson frôle un maniérisme qui aurait pu être irritant, la douceur de son montage fait respirer habilement ses décors… Le découpage (ici littéral) du finale est éblouissant d’ingéniosité macabre.

Tout comme Jacques Audiard, on est fascinés.

Morse de Tomas Alfredson avec Kåre Hedebrant, Lina Leandersson… chez Metropolitan

EL