Parfois, il ne faut pas avoir peur des films qui nous ressemblent. A force d’en avoir entendu parler, ou que l’on leur ait, par trop d’articles élogieux et maladroits, rabâché la fin de cette histoire poignante,
beaucoup n’auront pas envie d’aller voir La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli (et ils auront tort). Le deuxième film de celle qui avait fait des débuts remarqués et légers avec La Reine des Pommes il y a deux ans, réussit à aborder un sujet grave (la tumeur au cerveau d’un enfant de 18 mois) en distillant son plein d’humour. Tourné en quelques semaines au Canon 5D comme Rubber l’année dernière et quelques autres films rapidement financés ces derniers mois, il s’autorise parfois une belle facture grâce à une énergie pop et foutraque. Une urgence corrigée par le montage et deux ou trois idées de mise en scène dont on l’accuse pourtant d’être totalement dépourvu

Que les deux principaux comédiens (Jérémie Elkaïm et la réalisatrice, ex-couple à la ville) aient vécu eux-mêmes un drame similaire importe peu, à moins justement d’y comprendre la grande force vitale qui s’en dégage. Et  oui, la bande originale du film est ultra-efficace (Sébastien Tellier, Vivaldi, Yuksek et Peter Von Poehl), et fait preuve d’un éclectisme jouissif et libératoire, sans jamais tomber du ciel comme trop souvent dans un cinéma trop ciblé et calibré (en France comme ailleurs). Au contraire, elle s’introduit avec malice dans le film dès une séquence d’ouverture ; au cœur d’une fête tonitruante dont, malgré les terribles down qui s’annoncent sur fond de cellules brunes, on ne perdra plus jamais le tempo. Donc non, ce n’est pas un film nombriliste comme les deux porteurs du film (Elkaïm est aussi scénariste) se sont évertués à le répéter dans la belle promo qui les a accueilli après leur présentation cannoise en mai dernier.

Il convient seulement au spectateur de surmonter sa peur d’un sujet dur, ainsi que ses a priori à l’égard d’une presse frôlant l’unanimisme ou l’aspect parisien du film (qui pourtant réussit à faire une belle escapade à Marseille en un petit clin d’œil chanté à Christophe Honoré lui aussi suspecté de préciosité et pourtant de moins en moins contesté), à la manière dont ces héros du quotidien ont décidé de tenir coûte que coûte…

 

Sortie aujourd’hui, le 31 août 2011.