Simon Porte Jacquemus, 23 ans, est le nouveau jeune prodige de la mode féminine made in France. Après une salle de jeux et une piscine c’est au Palais de Tokyo qu’il a inauguré le premier jour de la Fashion Week parisienne avec le défilé Automne-Hiver 2015 de sa marque, sobrement nommée JAQUEMUS qu’il crée à 19 ans. Il fallait se déguiser, mardi soir au Palais de Tokyo, pour assister au défilé Jacquemus. Le jeune créateur français voulait en effet que son public soit de la fête et lui offrait à l’entrée une blouse blanche ponctuée de gros pois bleus et poussins, les couleurs de sa collection. « Je suis autodidacte, j’ai même pas fait d’études mode. J’ai juste lancé ma marque parce que j’en avais envie depuis toujours. Du facteur au voisin, tout le monde s’attendait à ce que je fasse ça, tout le monde le savait que j’allais faire une marque de fringues pour femmes. J’en parlais depuis tellement longtemps, ma première collection a sonné comme une libération. »

Après avoir habillé la post-ado glaneuse et pas coiffée, Simon Porte Jacquemus s’attaque à la figure de la femme-enfant: une fille qui essaye d’être femme ou l’inverse? Et c’est cette femme enfant qu’il a fait défiler en tennis Adidas blanches, pantalon masculin, jupe et sweat aux volumes cocons. Le Néoprène, matière phare de cette collection, est prétexte à des manteaux oversized, des micro-vestes, des tops qui se superposent à des jupes pour des ensembles épurés aux formes géométriques rappelant l’esthétique des années 60 de Pierre Cardin, André Courrèges ou encore Paco Rabanne. « JACQUEMUS c’est d’abord l’histoire d’une fille qu’on voit grandir. C’est avant tout un film, j’ai tout de suite voulu éviter le côté formaté des collections et des lookbooks. Le style JACQUEMUS je ne pourrai pas le définir mais la fille Jaquemus si ! Elle est ultra simple, brute, naïve et elle sourit ! J’ai pas envie de déglamouriser les filles mais plutôt de les respecter pour ce qu’elles sont, sans les maquiller ni les coiffer. Pour moi c’est ça la fille française : une fille assez brute et assez cash et c’est ça que j’ai envie de faire voir. Le minimalisme en mode n’est forcément un truc chiant. Je fais de l’ultra-simple, du sans détail, une mode assez naïve : du minimalisme sport ! »