Comme le hululait Lorie : « A 20 ans on est invincible, rien n’est impossible, on traverse les jours en chantant. » Avec 4 jours de festival, plus de 130 000 spectateurs et plus de 60 artistes en tout genre, le Garorock a parfaitement illustré les propos de la chanteuse qui étrangement n’était pas invitée.

Crédits photos : Teddy Morellec

Crédit photo : Teddy Morellec

 

En vingt éditions, le festival de la Garonne a bien grandi. Son enfance était bercée par du reggae et ce n’est qu’après avoir dépassé l’âge de la raison qu’il s’est étendu sur deux jours. Plus mature, il accueille plus d’amis et ne se limite plus qu’à un seul genre. Puis est arrivée l’adolescence et la majorité. Il grandit en âge mais aussi en taille : en 2012, il se déplace sur la plaine Filhole et ses 22 hectares. Aujourd’hui, à 20 ans, le plus gros festival du Sud Ouest ne s’arrête plus de grandir avec 4 jours de festival et toujours plus d’artistes et de genres réunis. Rap, électro, rock, pop : il y en a pour tous les goûts et le public s’est élargi au fil des années. Avec une grande affluence des 16/30 ans, le Garorock donne l’image d’un festival jeune et branché. Certains parisiens et bordelais se retrouvent alors dans la campagne de Marmande dans l’unique but de profiter d’être loin de chez eux pour tout oser. C’est cette ambiance révoltée mais bonne enfant qu’on retrouve dans les 8 zones de camping.

Malgré quelques lacunes au niveau de la sécurité face à l’afflux des festivaliers, l’organisation semblait être rodée. En même temps, avec 19 coups d’essai, c’est tout ce qu’on pouvait espérer ! Ce qui implique aussi la volonté de tester des nouveautés comme avec le « Garocash » déjà lancé lors de l’édition précédente. Il permet de payer directement ses consommations avec son bracelet en rechargeant aux bornes prévues à cet effet. Malheureusement, pas encore au point, les plaintes de ne pas retrouver le bon montant au moment de payer ont fusé. Même tarif pour la zone restauration. Heureusement, certains restaurateurs sauvaient l’appétit des festivaliers sans argent sur leur bracelet en leur accordant le paiement en espèces « parce que c’est toi hein ».

Cette bande de copains, venue pour voir les têtes d’affiche et boire de la Kronembourg à 5€ la pinte, se souviendra de l’impossibilité de danser et d’une foule très compacte voire agressive lors du concert des Casseurs Flowters, de l’espace Garoclub un peu trop restreint pour tous ces amoureux des DJ et du faux départ des Mhd. Mais cette bande de copains, venue de loin, se rappellera aussi de l’entrée de Deluxe sur Carmina Burana et de leur show étonnamment endiablé grâce à leurs costumes extravagants et leur dynamisme débordant. Ainsi que de plusieurs artistes comme Odezenne qui ont réussi à déchaîner la foule malgré leur répertoire musical pas tellement festif. Alors que d’autres étaient attendus spécialement pour leur performance sur scène comme Flume ou Feder. L’ambiance générale se voulait électrique mais sans grand effort à obtenir avec un public aussi réceptif. Chacun avait sa méthode pour profiter : danser, chanter, se poser et juste écouter, mais tout le monde voulait rester. Le but des festivaliers était surtout de s’éclater et ne rien rater – comme les titres inédits du prochain album des Ratatat et son numéro bien rodé avec ses jeux de lumières. Et c’est donc sans peine que Boys Noize a tenu le show jusque 3h30 dans son déluge habituel de turbines.

Plus de jambes, plus de voix, mais beaucoup de fatigue, le vingtième anniversaire du Garorock était réussi.

 

Crédit photo : Nicolas Jacquemin

Crédit photo : Nicolas Jacquemin

Plus pointus, les new-yorkais de Ratatat ont enchaîné  leurs classiques Cream on chrome ou encore Loud Pipes dans un numéro bien rodé où le duo a dévoilé des titres inédits de leur prochain album.

Boys Noize a clos les débats vers 3h30 dans son déluge habituel de turbines.

 

Crédit photo : Nicolas Jacquemin

Crédit photo : Nicolas Jacquemin

Crédit photo : Teddy Morellec

Crédit photo : Teddy Morellec