Il est l’un des locaux de l’étape londonienne de « Burning Ink » qui débute la semaine prochaine à la Beach Gallery. Portraitiste hors-pair, Marke Newton est un artiste que l’on apprécie depuis longtemps. Du 22e numéro où il nous avait accordé un entretien pour évoquer ses projets originaux et exigeants à REDUX#26 dont il a assuré la direction artistique froissée.

Marke Newton autoportrait

Voici l’entretien qu’il nous avait accordé dans notre 22e numéro – hiver 2007 – (que vous pouvez également retrouver mis en page en cliquant ici) :

Le graphiste et peintre anglais Marke Newton cumule depuis des années les projets entre musique, skate- board, peinture murale et projets collectors. Inventant le groupe Sweet Barbarians, il a créé un disque fantôme pour le label Record Makers, principalement pour en faire la pochette. De formation classique, reconnu dès ses vingt-et-un ans comme un portraitiste talentueux par la critique britannique, il est venu s’installer en France il y a quelques années. Et depuis, il se promène sur la planète de projet en projet. Tout récemment, il a sorti de manière confidentielle son Fluo-Zine, un fanzine pour lui, sa famille et ses amis. Des amis des plus illustres aux plus confidentiels, tels l’artiste Ed Templeton, le graffeur André, le dessinateur Pierre La Police ou le photographe Raphaël Gianneli-Meriano (RGM) — que les lecteurs de Redux connaissent bien —. Une démarche qui ne pouvait qu’aiguiser notre curiosité. Rencontre avec un sujet de sa Majesté aussi discret que prolifique.

Propos recueillis par E. Lameignère.

Redux: Un de tes derniers projets en date est le Fluo-Zine. Quel en est le concept ?
Marke Newton : Le Fluo-Zine est introuvable. Quelques artistes qui y ont contribué sont encore en attente de leur exemplaire. J’en ai édité cinquante, publiés deux fois par an. Pratiquement la moitié va aux collaborateurs et je distribue le reste aux gens que je rencontre et qui sont intéressés par le fanzine. Zine est une abréviation pour fanzine. Les fanzines sont normalement faits à la maison par des non professionnels. Ils sont généralement créés par des fans ou des artistes, des musiciens, etc. Des webzines se sont ainsi créés. Encore une fois, ils sont généralement dédiés à une personnalité ou à un groupe créé par des fans. Si je rencontre une personne qui montre de l’intérêt pour le projet, je lui donne un exemplaire. Ou ce sont les collaborateurs qui m’en demande pour un tiers, et je dois m’assurer que ça leur est vraiment indispensable. Car je n’en ai que cinquante alors que chaque artiste a été invité à faire un travail gratuit et spécial pour cette édition.

R : Cinquante exemplaires, cela limite en effet sa diffusion…

MN : Fluo est avant tout un projet amusant et quelque chose que je voulais faire depuis très longtemps. Je n’avais jamais imaginé qu’on en parlerait dans un magazine. Ce n’est rien de plus qu’un « projet personnel ». Comme lorsque j’étais enfant et faisais les choses sans leur donner un sens particulier. Je faisais mes propres cartes de Noël que j’envoyais aux gens, c’était amusant et personnel. C’est pourquoi je n’ai fait Fluo que pour les artistes qui s’y sont investis (et dont j’admire le travail). Si cela avait dû être sérieux, j’aurais entrepris les choses différemment. Il s’agit plus d’un présent, un cadeau personnel offert aux gens que je rencontre. Et une manière de partager le travail de mes amis et de ma famille à une échelle très petite et très intime.

R : Tu t’es également lancé dans une grande série de portraits dessinés. Quelle ampleur penses-tu donner à ce projet ?

MN : Sur mon site Internet, j’ai décidé de montrer mes dessins au rythme où je les réalisais. De cette manière, je peux réellement voir ce que je fais de mon temps et c’est une source d’amusement pour les gens qui visitent mon site. Il est vrai que je n’arrête pas de faire le portrait des gens que je rencontre. Il y a trop de visages, de corps et d’esprits que j’aimerais dessiner et peindre. Comme peindre prend la plus grande partie de mon temps et le procédé est vraiment très lent (certaines peintures me prennent des mois), mon site Internet est vraiment un bon moyen pour moi de prendre du recul sur mon travail, comme une sorte d’exposition en ligne, et me per- met d’observer mes progrès objectivement.

R : Peux-tu nous parler de tes récentes collaborations ?

MN : J’ai été invité aux Pays-Bas par le directeur du Musée Het Domein pour participer à une exposition internationale. J’y ai présenté une partie de mon projet Sweet Barbarians. Je suis également directeur artistique pour la compagnie de skateboard Metropolitan. Nous avons un skateur hollandais dans notre team, Leander Geelhoed.

R : Tu as également sorti un disque ?

MN : Mon premier album est sorti l’année dernière sur le label français Record Makers. Ce disque a été spécifié comme Rec.23 dans le catalogue de Record Makers. Il n’y a pas de musique, seulement de l’art. Il n’existe pas maté- riellement, juste trois versions de la pochette, une pour la Hollande, une pour la France et une autre aux Etats-Unis. Encore une fois, il est totalement introuvable. Il fallait être là lorsque les pochettes ont été montrées et imaginer sa propre musique à partir du visuel.

R : Quels sont tes prochains projets ?

MN : Je suis en pleine préparation de portraits pour mon exposition personnelle à Tokyo cette année. Je prépare une peinture murale à Manhattan pour le compte d’un collectionneur privé. Je dois également réaliser la couverture de l’album de Turzi, toujours pour Record Makers ainsi qu’une seconde série graphique pour Metropolitan skateboards (et designer leur site Internet). Je travaille sur une collection de vêtements pour la marque anglo-japonaise à base de chanvre Eco-T. Enfin, je dois réunir pas mal de travaux à Tokyo, avec mon ami et directeur artistique Teppei Imagawa pour le deuxième numéro du Fluo-Zine.

www.markenewton.org

Retrouvez le numéro de REDUX dont Marke Newton a assuré la direction artistique en cliquant ici.