Après le calme zen de Lee Ufan l’année dernière, l’artiste anglo-indien Anish Kapoor a remué ciel et terre dans les jardins impeccablement ordonnés du château de Versailles en y installant ses Sky Mirror, Dirty Corner et sombre Descension. Qu’il ait réveillé chez certains une insondable bêtise (le Dirty Corner a été vandalisé le 17 juin dernier) importe finalement si peu lorsque l’on connaît la grande liberté d’appropriation que l’artiste offre aux spectateurs de ses œuvres qui semblent bien se moquer de toute vision univoque. Trou du ciel dans le ciel, le Sky Mirror rappelle la fascination solaire du lieu et de sa conception. Conque qui s’achève en sous-marin digne du Nautilus, le Dirty Corner pourrait être aussi bien une réponse stylistique à l’enchaînement de bassins neptuniens dans lesquels il s’inscrit. Vortex qui semble pouvoir tout engloutir, Descension travaille l’idée de l’absurde de toute entreprise humaine.

Avec sa vision grandiloquente qui sait rire sous cape de notre irrémédiable finitude, Anish Kapoor est l’héritier inattendu de Stanley Kubrick.

Retrouvez ci-dessous la première partie et version courte du film que Collectif Combo lui a consacré pour kamel mennour. Avant une seconde partie et version plus longue très prochainement.

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